Hmm étrange de voir la lumière du jour..
Un dimanche matin, petite ballade avec le tas d'poils, les rayons du soleil qui éblouissent ma tête de lendemain.. ça m'donne quelque peu le sourire et ça m'envahit d'un sentiment étrange que je ne peux définir.. Entre le bien et le mal être...
J'aimerais parler des gens mais je n'ai croisé personne, une fois de plus la hâte de quitter cette ville morte prend le dessus. Un peu de patience..
"A moi. L'histoire d'une de mes folies.
Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.
J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs.
Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de moeurs, déplacements de races et de continents: je croyais à tous les enchantements.
J'inventai la couleur des voyelles! _ A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. _ Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens.
Je réservais la traduction.
Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges."
Une saison en enfer - Délires - II Alchimie du verbe - Arthur Rimbaud